Juliette, française canadienne chinoise

Je m’appelle Juliette et je vis à Ottawa, au Canada, dans une famille multiculturelle à l’image du pays : je suis française, mon mari est chinois et notre fils est donc français, chinois et canadien. Chez nous, c’est sirop d’érable, raviolis chinois et petits beurres en dessert!

Mon parcours est à la fois simple et compliqué, parce que j’ai fait un peu tout en même temps aux quatre coins du monde.

Je suis partie dès mon Bac obtenu, sans un sou en poche. Je n’ai pas du tout claqué la porte et je n’avais rien contre mon pays d’origine, mais j’avais très envie d’explorer le monde, même si cela voulait dire voyager « à la dure ».

28674828963_b5150fccf6_z

Alors j’ai travaillé à Hong Kong, puis j’ai voyagé entre la Chine, l’Amérique latine et le Pacifique Sud avant d’atterrir au Canada un peu par hasard. Comme je ne savais pas encore où j’allais vivre, j’ai assuré en même temps mes arrières en obtenant un diplôme universitaire français—un beau diplôme de quatre ans aux Langues’O de langue et civilisation chinoise.

Finalement, j’ai eu envie de me poser quelque part, d’avoir une base. Partir n’a de sens que si on rentre quelque part… Mon compagnon de voyage, qui est maintenant mon mari, était Canadien. Je l’ai suivi et j’ai testé la vie canadienne pendant quelque temps avant de faire une demande de résidence permanente. À l’époque (en 2004), immigrer au Canada était plus rapide et plus simple, il y avait moins de demandes de la part d’Européens aussi… Finalement, petit à petit, je suis devenue canadienne jusqu’à remplir jusqu’au bout mon « devoir » d’immigrante : en 2012, notre fils est né sur cette terre que ni son père ni moi n’avons connue enfants!

Pour moi, immigrer au Canada et m’intégrer dans la société a été relativement facile. Je ne parlais pas anglais quand je suis arrivée (… diplôme de Mandarin, je le rappelle…!), mais je suis devenue bilingue en quelques années. Je n’avais pas d’expérience professionnelle, donc commencer au bas de l’échelle ne me gênait pas. Surtout, je n’avais absolument rien à perdre. Le Canada n’avait jamais été un rêve pour moi, mais le pays m’a offert des opportunités et je les ai prises.

27417308293_c9ab456d4b_z

J’ai un regard assez positif sur mon parcours. Je ne sais pas ce que c’est de « réussir » et je crois que je ne sais pas encore ce que je veux faire « quand je serai plus grande (!), mais je m’estime assez heureuse. Professionnellement, je pense que j’ai eu de meilleures opportunités au Canada que j’aurais eu en France. Une fois passé le stade des petits boulots, j’ai enseigné le français pendant quelques années, puis j’ai obtenu un poste de traductrice, que j’ai quitté pour un poste de rédactrice en chef bilingue… que j’ai quitté pour travailler à mon compte. Depuis cinq ans, j’offre des services de traduction, de révision et de rédactions à divers clients du secteur public et privé. Tout va bien, même si, comme bien des pigistes, je stresse quand j’ai trop de demandes et j’angoisse quand je n’en ai pas assez!

Culturellement, je ne suis pas complètement devenue canadienne, ce qui est assez évident depuis que notre fils est né. Au niveau de l’éducation, je suis beaucoup plus “a French mommy” qu’une de ces mères canadiennes “parfaites” qui gèrent tout d’une main de maître et ne laissent jamais penser à leurs enfants qu’elles sont elles aussi des êtres humains. Ces quatre dernières années ont été assez rock’n’roll, parce qu’élever un enfant entre plusieurs cultures sans avoir le filet de sécurité de la présence de la famille est difficile.

25821580645_666c2355a7_z-1

Je trouve les femmes de notre génération très lucides et courageuses. Je vois mes amies bouger au gré des opportunités, mener une vie professionnelle et une vie familiale, s’adonner à des loisirs créatifs, le tout avec un grain de folie et une fatalité assumée. J’adore! Je crois qu’on essaie de toutes de se frayer un chemin dans la vie. Peut-être que quelque part on paraît plus dociles, on ne monte plus sur des barricades, la subversion est moins évidente… mais, elle transparaît quand on fait sa vie en se foutant bien des modèles et des carcans imposés.

Vous pouvez lire nos aventures sur la route, mes errements de mère indigne et autres grands moments culturels sur mon blog. Autrement, y’a Twitter!

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s